Une stratégie qui fait mouche

En 2017 aussi, la CSS a continué de se développer. Cela prouve que les objectifs qu’elle s’est fixés sont réalistes.

Au pire des cas, la stratégie d’entreprise et les champs d’action correspondants sont de nobles intentions enrobées de belles paroles. En revanche, dans le meilleur des cas, et tel devrait être le but d’une stratégie, ils font avancer l’entreprise en permanence. Quand je passe en revue l’année 2017, je suis convaincu que la CSS a posé les bons jalons en se fixant des objectifs réalistes. Les comptes annuels notamment le montrent: les objectifs définis ont non seulement pu être remplis, mais aussi légèrement dépassés, dans l’assurance tant de base que complémentaire. Dans l’assurance de base justement, la stabilité financière représente un facteur essentiel pour une fixation des primes équilibrée. En effet, ce n’est que lorsque nous atteignons les réserves demandées par l’Office fédéral de la santé publique que nous pouvons éviter de grandes augmentations de primes pour nos assurés. Paradoxalement, les médias, et parfois aussi les politiques, aiment bien avoir les réserves dans le collimateur: si elles sont trop élevées, les assureurs sont accusés de thésauriser inutilement de l’argent. Si les réserves sont trop basses, les assureurs sont accusés d’avoir mal fait leur calcul. Le fait est que les réserves de l’assurance de base n’appartiennent à personne d’autre qu’aux assurés; elles sont gérées à titre fiduciaire par leur assurance. Vu ainsi, le terme «bénéfice» dans l’assurance de base est souvent mal compris, car cet argent ne va pas dans les poches d’actionnaires quelconques, mais reste dans l’assurance-maladie.

Le temps des lamentations est manifestement révolu et des interventions dans les tarifs pourraient être à l’ordre du jour à l’avenir.»

Jodok Wyer

Président du conseil d’administration

Une croissance organique

Le nombre d’assurés est un autre élément qui montre que la CSS oriente ses objectifs non sur des utopies, mais sur des réalités. En 2017, la CSS a pu continuer sur le chemin de la croissance organique et compte de nombreux nouveaux assurés. Nous maintenons ainsi notre place de plus grand assureur de base sur le marché. Je qualifierais de moins organique, une fois de plus, l’évolution des coûts pendant l’année écoulée. A nouveau, les coûts bruts par personne assurée à la CSS ont augmenté de 4% environ; un fait qui se reflète aussi dans l’augmentation des primes 2018.

Dans ce contexte, l’intervention du Conseil fédéral dans le tarif ambulatoire (TARMED) part certes d’intentions louables, mais restera en fin de compte une intervention cosmétique. Formulé de manière un peu plus bienveillante, on pourrait dire que le temps des lamentations est manifestement révolu et que des interventions dans les tarifs pourraient être à l’ordre du jour à l’avenir. Toutefois, ce n’est que si des mesures visant à réduire les coûts sont continuellement mises en œuvre que la courbe des primes peut s’aplanir dans un délai raisonnable.

Une solidarité fragile

Et c’est absolument nécessaire si nous voulons maintenir à l’avenir aussi le système d’assurance-maladie solidaire que nous connaissons aujourd’hui. En effet, la solidarité entre assurés semble s’étioler peu à peu. Le «Moniteur de la santé 2017», l’enquête annuelle menée par Interpharma (association des entreprises pharmaceutiques suisses pratiquant la recherche), le montre. Selon l’enquête menée auprès de 1200 personnes dans toute la Suisse, la tendance à la désolidarisation s’est renforcée. On demande entre autres de plus en plus que les coûts des médicaments soient payés de la poche des assurés dans des cas mineurs. En outre, on met en cause le fait que les assurances-maladie doivent prendre en charge les troubles de la santé causés par la fumée et l’alcool. Il est surtout intéressant de noter que, pour la première fois, une majorité pense que la décision en faveur ou non d’un traitement très onéreux doit dépendre de l’âge du patient ou de la patiente. Selon Interpharma, c’est la fin d’un sujet tabou.

Changement de paradigme chez les assurés

J’ai été très surpris par la disposition des personnes interrogées à accepter des restrictions individuelles pour freiner la croissance des coûts du système de santé suisse. Cela correspond aussi à un changement de paradigme chez les assurés: on passe d’un comportement de consommation illimitée à une plus grande responsabilité individuelle. Une mentalité qui est profondément ancrée dans l’ADN de la CSS et pour laquelle elle s’engage depuis sa fondation, en 1899. Cette attitude fondamentale se reflète aussi en 2017. En effet, plusieurs outils numériques, comme le comparateur d’hôpitaux QualiCheck, ont été améliorés, alors que d’autres ont été développés, comme une application pour enfants sur l’asthme. Car ce n’est que si nous, en tant qu’assurance, accompagnons nos clientes et clients à travers le système de santé et leur fournissons les bons outils pour cela qu’ils pourront aussi assumer une plus grande responsabilité individuelle.


Jodok Wyer
Président du conseil d’administration